Rick Springfield : le ‘Son of Working Class Dog’

Le 20 Août 2008 est sorti le nouvel album studio de Rick Springfield , ‘Venus In Overdrive’ (chroniqué ici…) . Il aura fallu attendre longtemps pour enfin pouvoir écouter les nouvelles compositions du beau gosse dont l’album marque un retour aux racines de la pop-rock. Plus enjoué, plus positif et plus rythmique que le dernier ‘Shock/Denial/Anger/Acceptance’ qui fut salué unanimement par les critiques, ‘Venus In Overdrive’ souligne une nouvelle étape dans la maturité au travers de laquelle Rick vous parle des thèmes qui lui sont chers: l’amour, les femmes, les plaisirs mais aussi les désillusions et les défaillances.

Son Of Working Class Dog

« Dans un sens, je pense qu’on aurait dû appeler cet album ‘Son Of Working Class Dog’… » nous explique Rick, conscient que ‘Working Class Dog’ est toujours considéré comme son chef d’œuvre absolu. Le genre d’album qui vous colle à la peau à vie, celui qui partage son identité avec la vôtre, celui que l’on retrouve dans tous les classements des meilleurs albums des dernières décennies, bref le genre d’album qui fait ‘un’ avec vous.

A l’instar d’autres grands albums de l’histoire du rock, ‘Venus In Overdrive’ est le fruit de la collaboration créative entre 2 artistes: Rick Springfield et son ami de longue date, le bassiste Matt Bissonette. Enregistré en 32 jours, l’album sonne comme un bijou sur lequel les tailleurs de pierre ont mis des mois et des mois à peaufiner chaque facette. « Ça a coulé tout naturellement. Ecrire et enregistrer ces compositions ont été un grand plaisir de tous les instants. Je n’avais pas ressenti cette sensation depuis le début des années 80. Nous étions dans le mouvement et rien ne pouvait nous arrêter. » nous a confié Rick.

Début des 80’s : un grand coup intitulé ‘Working Class Dog’

C’est en effet au début des années 80 que la créativité de Rick Springfield va lui offrir de quoi composer de magnifiques chansons pour le désormais fameux et incontournable ‘Working Class Dog’. Un album qui fait suite à quatre premiers opus aux succès mitigés ou pénalisés par des événements négatifs, comme pour ce troisième album, ‘Wait For Night’, en 1976, et qui voit son label, Chelsea Records, faire faillite alors que Rick est en pleine tournée promo.
La même année 81, Rick interprète le Dr Noah Drake dans General Hospital et confirme un talent d’acteur qui aurait pu sans problème en faire une star des séries TV américaines.

En 1982, année suivant la sortie de ‘Working Class Dog’, Rick Springfield se voit reconnu et récompensé en obtenant le Grammy Award dans la catégorie ‘Best Male Rock Vocal Performance’. La même année sort l’album ‘Success Hasn’t Spoiled Me Yet’ dont le titre à lui seul signe la lucidité qui habite Rick: « le succès ne m’a pas encore dézingué ».



Succès…puis retraite volontaire.


Un an plus tard, en 1983, sort l’album ‘Living in Oz’, qui connaitra un large succès et sera album de platine. Conscient de tout ce que le show-biz peut présenter comme attraits mais aussi comme dangers pour un artiste, Rick retrouve dans sa famille la stabilité nécessaire à son équilibre. En 1985 naît son premier fils et comme pour mieux se consacrer à ceux qui lui sont chers (et aussi à lui – car Rick doit gérer une sournoise dépression qui le ronge insidieusement depuis son adolescence et surtout depuis le décès de son père, en avril 81), Rick va prendre de la distance avec le monde musical, un recul qui sans aucun doute contribuera à ré-enrichir sa créativité. Deux ans plus tard, en 1987, il sort ‘Rock Of Life’ avant de se retirer des studios…..pour dix ans. En effet, ce ne sera qu’en 1997, soit dix ans exactement après la sortie de ‘Rock Of Life’ que Rick Springfield sortira ‘Sahara Snow’, suivi un an plus tard de l’album ‘Karma’.

Rick, le retour !

Puis il faudra attendre encore 5 longues années avant d’entendre un nouvel opus de Rick Springfield. Ce sera ‘Shock/Denial/Anger/Acceptance’, et via sa propre maison de disques, Gomer Records. On y trouve un Rick Springfield fortement marqué par les côtés négatifs de l’existence et des relations humaines, sentiments qui se traduisent au travers d’une musique plus pesante qu’enjouée. L’album reflète un être qui oscille entre certitudes et doutes extrêmes, qui recherche la sérénité qui le fuit encore.

Un an plus tard, en 2005, Rick Springfield sort deux albums dont ‘Written in Rock’, une véritable ‘Rick Springfield Anthology’ et que nous conseillons à tous ceux qui veulent découvrir la palette talentueuse de l’auteur-compositeur qu’est Rick Springfield, et le surprenant ‘The Day After Yesterday’, sorte de collection de titres que Rick aurait aimé écrire.

Trois ans plus tard, en 2008, le duo Springfield-Bissonette va pondre ‘Venus In Overdrive’, l’une des galettes phares de cette année pourtant prolixe en objets de valeur, un album essentiel, dans la droite ligne de l’album culte ‘Working Class Dog’ qui est, faut-il le rappeler, « le genre d’album qui vous colle à la peau à vie, celui qui partage son identité avec la vôtre, celui que l’on retrouve dans tous les classements des meilleurs albums des dernières décennies, bref le genre d’album qui fait ‘un’ avec vous. » (NDLR: le redire une seconde fois vaut mieux que ne pas le dire du tout, isn’t it ?). Serait-ce – enfin… – l’album de la sérénité retrouvée ? Sans aucun doute, et c’est ce qui en fait sa force. Un album à posséder coûte que coûte dans votre CD-thèque, un INDISPENSABLE, tout comme est indispensable ‘Venus In Overdrive’ !


Frankie Bluesy Pfeiffer

Paris-Move